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Through The Lens Of Masha Demianova

Le travail de Masha Demianova n’est pas que photographique, il est aussi empreint d’une influence cinématographique forte. Loin du male gaze, les femmes que capture la photographe qui est née et a grandi à Moscou, sont les sujets d’une grande histoire symbolique, où tous les détails de la photographie font sens. 

À quel moment la photographie s’est révélée à vous comme le médium rêvé pour créer ? 

La première fois que j’ai ressenti un pur effet de rêverie, totalement hypnotisant, c’est quand j’ai vu la série “You and I” du photographe Rayan Mcginley’s. Son travail est un beau récit poétique qui m’a complètement aspiré ; j’ai senti la chaleur du soleil et le vent frappant mon corps nu comme si je courrais moi aussi dans les champs. C’était la première fois que j’ai compris à quel point l’image avait un pouvoir puissant.

Quelle est la première photographie qui vous a rendu fière de votre travail ?

Dire quelle a été ma photographie préférée est un peu plus compliquée. Je ne ressens pas de fierté à propos de mon travail. Parfois, je me sens heureuse et satisfaite quand ce que j’ai rêvé ou fantasmé d’une image devient une vraie photographie. Exactement comme cette image d’une fille dans l’étang, en train de pêcher avec sa bouche.


Comment décririez-vous, en un seul mot, le style qui caractérise vos images ?

Symbolique. C’est le terme le plus proche de ce que j’élabore.

Comment arrivez-vous à concevoir des portraits sensibles et authentiques, tout en jouant avec l’art du storytelling ?

Presque tous les détails de l’image, ont une signification symbolique qui construit un storytelling dans sa globalité : un objet, un geste ou une manière particulière que la lumière a de tomber. Si, en tant que photographe, vous le savez ou le ressentez, vous pouvez construire votre récit avec ces petits détails qui font sens.

Comment cultivez-vous votre inspiration entre les commandes et les projets personnels ? 

Les commandes peuvent être très différentes. Parfois, il arrive qu’on ait une complète liberté créative, et là peut naître une image qui fait du sens pour nous. Des années plus tard, elle pourra toujours avoir cette même portée émotionnelle forte, même si son contexte de création était destiné à promouvoir des vêtements par exemple. Dans ces cas ci, je ne vois pas une grande différence entre les commandes photographiques et les expérimentations personnelles.

Dans toutes les autres situations, vous faites simplement votre travail. Vous creusez un trou,  parce que vous êtes doué pour creuser des trous, vous l’avez fait exactement comme on vous l’a demandé et c’est un trou de bonne qualité. Ensuite, vous prenez l’argent pour ce travail et imprimez votre livre, ou voyagez pour tourner un nouveau projet et c’est vraiment pas mal du tout.

Fubiz Media https://ift.tt/3aevn2j February 29, 2020 at 10:43AM

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